Les difficultés inattendues pour se connecter à internet en Antarctique

Je dois remercier Tom Scott pour avoir partagé dans sa dernière newsletter le blog brr.fyi, créé et maintenu par une personne qui a travaillé comme technicien informatique sur une base américaine en Antarctique.

Dans un article publié récemment et intitulé « Des solutions techniques pour l’Internet lent » (en anglais), l’auteur retrace dans le détail les déboires des occupants de la base antarctique McMurdo pour utiliser internet. Si vous lisez l’anglais et que le sujet vous intéresse un minimum, je recommande fortement la lecture de cet article.

En attendant, voici quelques informations que j’ai trouvées intéressantes :

  • Il est très difficile de poser un câble de fibre optique jusqu’en Antarctique, donc les bases américaines se connectent par satellite.
  • La connexion par satellite n’est possible que lorsque les satellites sont situés au-dessus de l’horizon, ce qui n’arrive que pour 4 heures par jour lorsque l’on est en Antarctique. La connexion n’est donc possible que dans ce créneau très restreint de 4 heures !
En bleu, la période de visibilité du satellite pour le mois d’octobre 2023. Il y a un décalage de 4 minutes par jour en raison de la différence entre temps sidéral et temps civil.
  • Évidemment, le trafic internet est consacré en priorité aux missions essentielles de la base. Cela ne laisse aux occupants que des miettes de connexion (en moyenne 750 ms de latence, 10% de pertes et un débit de 40 kbps !) pour leurs usages personnels.
  • Dans de telles conditions, de nombreuses applications populaires refusent tout simplement de fonctionner. L’auteur donne – sans la nommer – l’exemple de l’application de tchat Slack, qui insiste pour télécharger 20 Mo de Javascript dans un temps limité avant de pouvoir s’ouvrir.
809 requêtes HTTP, 51 Mo de données transférées et 26 minutes de chargement pour une simple application de messagerie !
  • L’auteur propose de nombreuses solutions techniques, étonnamment simples, pour rendre utilisables ces applications sur de telles connexions :
    • Permettre aux utilisateurs d’outrepasser les outils de téléchargement inclus dans les applications.
    • Améliorer les outils de téléchargement dans les applications et dans les OS (notamment pour les mises à jour système), en permettant aux utilisateurs de mettre en pause les téléchargements et de les reprendre plus tard.
    • Éviter les délais d’attente codés en dur (« hardcoded timeouts« ).
    • Améliorer les interfaces utilisateur de chargement et de téléchargement, en indiquant clairement à l’utilisateur ce qu’il s’est passe.

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